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1.     Nous comprenons et partageons le besoin de se montrer solidaires envers les Palestinien·nes.


2.     Nous comprenons l’usage du boycott dans un but politique afin de s’opposer, même symboliquement, à un effort de guerre et à un gouvernement que nous jugeons également criminels.


3.     Nous ne comprenons PAS en quoi boycotter des artistes, des compagnies, des spectacles, des techniques parce qu’elles sont israéliennes irait dans ce sens. La scène culturelle israélienne est, tout comme la scène suisse, largement subventionnée et émane de sa société, et, tout comme en Suisse, les artistes en sont souvent les plus fervent·es opposant·es au régime en place.


4.     Dans le cas où un·e artiste israélien·ne serait un outil de propagande de son gouvernement, nous nous attendons à ce qu’iel ne soit pas invité·e dans les lieux culturels suisses, comme ne le sont certainement pas des artistes promouvant l’impérialisme russe, le masculinisme américain ou la théocratie afghane.


5.     Nous ne comprenons PAS en quoi un label spécifique est nécessaire pour les artistes israélien·nes. Un tel label, ciblant une seule nationalité, contredit le principe constitutionnel d’égalité de traitement et la liberté artistique garantie par la Constitution fédérale piliers de la politique culturelle suisse.


6.     Nous proposons à la place que les lieux culturels suisses se dotent de critères universels, transparents et non ethniques pour refuser des artistes à propagandiste d’un régime criminel; critères applicables à toutes les nationalités, à toutes les situations.


7.     Au-delà des arguments juridiques, les dispositifs ciblant Israël sans critère universel produisent un climat où les Juif·ves qui n'y adhèrent pas mot pour mot se sentent marginalisé·es.


8.     Dans un contexte suisse et européen où les actes antisémites sont en hausse, cet effet nous atteint directement. Nous avons peur que l'adhésion totale au label devienne la condition tacite de notre place dans la culture et dans l'espace public.


Golem Suisse est un collectif antiraciste, antifasciste et progressiste. C'est précisément depuis cette position que nous refusons un dispositif qui, fût-il porté par des intentions solidaires, fragilise les principes d'égalité et d'inclusion qu'il prétend défendre.

Nous restons disponibles pour en débattre avec toute organisation, institution ou lieu culturel qui souhaite réfléchir à ces enjeux avec nous.



Notre premier édito dans Le Temps. Nous y parlons des fractures laissées par la guerre, du sentiment d’isolement des juif·ves en Suisse, et de la nécessité de recréer des espaces où la parole puisse circuler — sans peur ni injonction.



Communiqué de presse, 2 juin 2025


Alors que l’antisémitisme connaît un regain alarmant, y compris dans les milieux

militants, Golem Suisse voit le jour pour affirmer une voix juive claire, autonome et

solidaire. Né en Suisse romande, le collectif entend inscrire son action dans le

paysage associatif local tout en tissant des solidarités internationales. Le nom du

collectif fait référence au Golem, créature protectrice de la tradition juive, réinvestie

ici comme symbole de résistance.


Notre collectif défend l’idée que la lutte contre l’antisémitisme doit être une priorité,

au même titre que toutes les formes d’oppression.

Golem Suisse est un espace pour les personnes juives et leurs allié·es, porté par

une vision d’égalité, de justice sociale et de dignité pour tou·tes. Nous pensons qu’il

est possible et nécessaire de conjuguer la solidarité avec l’engagement contre

toutes les oppressions, sans hiérarchisation ni conditions.


Nous affirmons que les identités juives sont multiples, et qu’on ne peut conditionner

la parole des personnes juives à leur position sur un État. Nous reconnaissons le

droit à l’autodétermination des peuples israélien et palestinien, dans l’égalité, la

sécurité et la justice et appelons à une paix durable, construite avec et pour les

populations concernées.


Golem Suisse agit contre l’antisémitisme en proposant une réflexion critique et des

formes d’action culturelles, éducatives et collectives.

L’association fait partie d’un réseau international de collectifs Golem, déjà présents

en France, en Belgique et au Brésil, avec lesquels nous partageons des principes

communs d’antiracisme, de justice sociale et de solidarité.


Concrètement, Golem Suisse entend :

  • Soutenir les personnes juives attaquées en tant que telles ;

  • Lutter contre les angles morts liés à l’antisémitisme dans les espaces

militants;

  • Proposer des actions culturelles, éducatives et médiatiques pour mieux

comprendre les mécanismes de l’antisémitisme ;

Porter une parole juive visible, plurielle et engagée dans les luttes sociales.


Golem Suisse, c’est aussi un espace de convivialité, d’entraide et de création,

convaincu que la joie et la culture sont des formes de résistance essentielles.

Aujourd’hui, nous appelons à nous rassembler, pour refuser l’isolement, pour dire

notre attachement à la justice, pour faire entendre une autre voix juive plurielle,

solidaire et engagée.


Golem Suisse Lutte contre l'antisémitisme
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